Le miroir : une mise en abyme de la peinture

Le miroir a toujours été important dans la peinture flamande, comme en témoignent les oeuvres de Quinten Metsys, Petrus Christus ou encore Jan Van Eyck. Si le miroir a toujours eu un rôle plastique dans la peinture, permettant par exemple de refléter la lumière, il se dote aussi d’une dimension symbolique, offrant à l’oeil du spectateur une scène à part dans le tableau. La minutie du peintre se retrouve dans le traitement de la scène qui est fait, il peint l’intégralité de la pièce dans un espace minime.

Les Epoux Arnolfini illustrent parfaitement la place du miroir sphérique dans la peinture flamande. On peut voir au fond de la chambre des époux, derrière le couple, un petit miroir sphérique reflétant les personnages du tableau, mais aussi deux autres silhouettes. De plus, il faut souligner le souci du détail dont fait preuve le peintre, en peignant les silhouettes en bleu et en rouge, offrant ainsi la possibilité de les distinguer. Les questions autour de cette représentation sont nombreuses et restent en suspend depuis des années, attisa sans cesse la curiosité et l’esprit des historiens d’art.

Jan Van Eyck miroir blog

Nous pourrions réduire le rôle du miroir à la simple signature de l’artiste, qui peint au dessus du miroir : « Johannes de eyck fuit hic. 1434″, soit « Jan Van Eyck était ici. 1434 ». Ainsi, le peintre signale sa présence, comme le prouve le miroir. Cependant, « hic » peut aussi être comprit comme un démonstratif, soit « celui-ci« . Dans ce cas là le tableau serait alors un autoportrait du peintre, alors interprété comme le tableau de mariage du peintre lui même.

Reste cependant à connaitre l’identité du personnage l’accompagnant ; les hypothèses sont diverses, on parle de l’épouse de Jan Eyck, de son frère Hubert van Eyck ( décédé plusieurs années auparavant ), des témoins du mariage, ou d’un parent des époux. Si nous ne pouvons affirmer avec certitude l’identité de ce personnage, on peut en revanche montrer le lien que fait l’artiste entre le plan de la peinture et l’espace du spectateur. En plaçant la scène dans la chambre du couple, Van Eyck nous offrait déjà la possibilité d’accéder à l’espace privé des personnages. Par le reflet, il crée une scène en dehors du tableau, pour montrer le prolongement de la scène et l’espace du peintre. Il participe à la création d’un espace propre au peintre, qui se prolonge au delà de la peinture, il met en abyme le monde de l’oeuvre. Cette hypothèse, bien que tout à fait probable, reste néanmoins réfutée par plusieurs historiens, qui ne voient dans l’oeuvre qu’une peinture proprement réaliste et clair. Se tourner vers une interprétation aussi simpliste, bien que celle ci soit possible, apparait toutefois comme peu séduisante , elle enlève au tableau toute l’aura mystique qui flotte autour de l’oeuvre.

Ainsi, cette petite parcelle de l’oeuvre aura été l’objet des réflexions les plus poussées d’historiens et critiques d’art, et continue encore à capter l’attention des contemporains. Si il reste difficile d’affirmer des points précis sur le rôle du miroir dans l’oeuvre, il est toutefois possible de se pencher sur l’oeuvre afin d’en comprendre un peu mieux le sens caché.

Sources :

http://leportique.revues.org/index554.html

http://pcsi-unautreregard.over-blog.com/article-7168979.html

(consultés le 15/03/2013)

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