L’Ars Nova

Erwin Panofsky baptise « ars nova », en 1953, la révolution picturale novatrice des Pays Bas du 15ème siècle. Il fait ainsi référence au renouveau musical du 14ème siècle : l’ars nova était un courant de la musique médiévale occidentale, surtout française. Elle est comprise entre l’écriture du Roman de Fauvel (1310-1314) et la mort de Guillaume de Machaut (1377). Ce courant artistique se développe grâce aux nombreux échanges en Europe entre les artistes flamands et les marchands et bourgeois étrangers. Il introduit un langage illusionniste, qui rompt totalement avec l’esthétique sophistiquée du gothique international. Cela donne une perception beaucoup plus immédiate du monde matériel.

On considère que trois peintres lancent ce courant : Robert Campin (1375-1444), Jan Van Eyck (1390-1441) et Rogier van der Weyden (1400-1464).

Robert Campin réussit à introduire dans sa peinture une puissance plasticité en relief. La perspective est très importante pour lui, même si elle peut être imparfaite. Il abandonne les lignes décoratives et emploie des formes plus sculpturales. Il exerce un immense impact sur les villes du bord du Rhin. Dans son Triptyque de l’Annonciation dit Triptyque de Mérode, il s’inspire des exemples sculpturaux et donnent des volumes très nets à ses personnages. En représentant la scène dans un intérieur bourgeois, il donne un aspect familier et quotidien à la scène. Il montre ici que le christ et la femme avant d’être divins, ont été des personnes ordinaires comme le spectateur qui regarde l’oeuvre.

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Robert Campin, Triptyque dit de Mérode, panneau central avec l’Annonciation et détail du volet  droit avec la figure de saint Joseph dans son atelier, 1422, 
New York, Metropolitan Museum of Art.

Jan Van Eyck se concentre plus sur la vibration lumineuse propre à chaque objet. De plus, il souhaite créer une peinture la moins subjective possible.

Rogier van der Weyden constitue une synthèse des deux en incluant un dynamisme plus marqué. Il cherche à donner de l’émotion dans ses peintures religieuses et cela se ressent notamment dans le traitement de ses visages.

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Rogier van der Weyden, Marie Madeleine lisant, avant 1438, (Londres, National Gallery).

Ces deux derniers sont appréciés grâce à la notoriété de la cour bourguignonne. En effet, Van Eyck puis Van der Weyden sont peintre de la cour du duc de Bourgogne. On les apprécie pour leur technique de la peinture à l’huile et pour la minutie et la lumière subtile de leurs oeuvres.

L’ars nova s’exporte énormément et notamment grâce au travail des guildes et corporations. Les peintures religieuses tels que les retables plaisent  aux étrangers qui les achètent pour meubler leur chapelles personnelles. L’Espagne aussi devient un grand client, grâce aux exonérations fiscales mises en place par Isabelle de Castille pour les artistes étrangers.

Ainsi cet art des Pays Bas influence les arts de toute l’Europe. L’ars nova reste l’un des arts les plus réalistes des 15ème-16ème siècles.

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ars_nova

http://blog-bjl.bjl-multimedia.fr/category/categorie-style24/

http://www.aparences.net/ecoles/les-primitifs-flamands/les-primitifs-flamands-la-naissance-dun-realisme-pictural/

(consulté le 24/03/2013)

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