La simplification des motifs dans les portraits et peintures religieuses

La peinture de Jan Van Eyck, bien que très riche sur le plan pictural et symbolique, semble anormalement minimaliste pour l’époque dans laquelle il travaillait. En effet, on peut voir au travers de ces oeuvres une recherche de plus en plus poussée au cours des années pour un style plus claire et moins chargé. Cela se retrouve dans plusieurs éléments.

Portrait de l'orfèvre jan van eyck

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Dans ses portraits tout d’abord, le style de Van Eyck apparait comme très sobre, présentant à chaque fois un personnage seul, regardant le spectateur dans une attitude assez neutre, voire même parfois sévère. Il porte des généralement un habit composé d’une couleur ou deux, et sa peau est toujours claire et uniforme. Derrière lui on ne voit aucun élément particulier, le fond est neutre, le plus souvent noir ou du moins très sombre. Jan Van Eyck présente ses modèles dans toute leur grandeur, rendue par leur expression très noble, et pourtant il efface toute forme ostentatoire, se contentant de les livrer aux yeux du spectateur dans leur plus grande simplicité. On peut voir cela dans trois de ses portraits les plus célèbres, L’homme au Turban Rouge, le Portrait de son épouse Marguerite ou encore le Portrait de l’orfèvre Jan de Leeuw. La solennité de ces portraits appuierait l’idée d’une peinture allant en s’intellectualisant, qui pousse le spectateur à se pencher plus sur la vie intellectuelle et émotionnelle de ses modèles plûtot que sur la représentation physique.

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Cette même simplification des motifs on la retrouve aussi dans ses peintures religieuses, et plus particulièrement celles de la Vierge. La représentation de la Sainte Vierge est un motif récurrent dans son oeuvre, comme chez beaucoup d’artistes de la renaissance, et nous permet de voir l’évolution des motifs au fil du temps, on peut voir ici les peintures de 1437, 1439 et 1441. On constate que si les fonds sont plus colorés ou plus raffinés que dans ses portraits, en revanche, la représentation de la Vierge reste toujours assez sobre. Elle se tient assise, le regard vers le bas, ses yeux vont vers l’enfant Jésus sur ses genoux. Son profil reste le même, très fin et net, encadré par ses cheveux qui retombent sur ses épaules. Ici, il n’y a pas de grands décors autour d’elles ou d’anges aux ailes peintes de diverses couleurs, elle est dans un espace simple, adapté à la scène représentée. On peut penser que cette recherche de sobriété dans les représentations pourrait venir soit d’une volonté de créer une oeuvre adaptée aux représentations religieuses, et respectant une certaine décence vis-à-vis de tout ça. Sinon ce pourrait être dans le but de mieux frapper le spectateur, qui se retrouve presque face à face avec la Vierge, sans rien autour pour le déconcentrer.

Sources :

http://apprendreavoir.blogspot.fr/2012/10/jan-van-eyck-la-grandeur-au-miroir-de.html

(consulté le 01/04)

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L’identité des personnages, un élément incertain

Lorsque l’on tente de décrire et d’interpréter les peintures de Jan Van Eyck, un point pose souvent problème, celui de l’identité des personnages dans ses oeuvres. En effet, ses peintures suscitent de nombreuses interrogations sur la véritable identité des modèles. Le premier tableau posant problème dans l’identification est le Portrait des époux Arnolfini.

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L’ouvrage de Pierre-Michel Bertrand intitulé Le portrait de Van Eyck énonce l’hypothèse selon laquelle les personnages représentés ne seraient pas le couple Arnolfini mais bien Jan Van Eyck et son épouse Marguerite. On connait peu de choses à propos de son épouse, excepté le fait qu’elle était probablement noble et beaucoup plus jeune que lui. Le peintre se maria à la jeune femme en 1433 et ils eurent leur premier enfant une année plus tard. Le couple eut deux enfants, et Marguerite vécut toute sa vie avec Jan Van Eyck. Il peignit son portrait en 1939, alors que celle ci était âgée d’environ 33 ans.

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Pour appuyer cette théorie, l’auteur rappelle qu’avant le concile de Trente, un couple pouvait se marier sans cérémonie, avec seulement un témoin et un serment prononcé en présence des deux personnes. La signature très travaillée de Van Eyck ferait office de preuve ou de témoin, pour une oeuvre qui deviendrait un contrat de mariage. L’aspect très symétrique et solennel de la toile, ainsi que tous les éléments symboliques ( le chien, les perles, les fruits ou encore le miroir ), témoigneraient de cet engagement des deux époux. Mais Pierre-Michel Bertrand souligne un autre fait : la jeune femme enceinte serait probablement Marguerite, et l’inscription : « Johannes de Eyck fuit hic » aurait alors pour sens que le fils de l’artiste soit présent dans l’oeuvre. On peut supposer que son fils prit lui aussi le prénom Jan, comme il était courant de le faire pour le fils ainé. On a pu voir dans plusieurs gravures de femmes enceintes, que ces oeuvres étaient en réalité des portraits d’enfants à naitre, il en existe plusieurs exemples. L’identité des personnages de l’oeuvre serait donc bien plus claire et précise si on pense que ce tableau représente Jan Van Eyck, Marguerite et leur futur enfant. En regardant précisément, on voit dans le miroir au fond de la pièce, deux personnages en bleu et rouge. L’un des deux pourrait être Hubert, le frère de Jan Van Eyck, qui serait alors un des témoins du mariage de son frère.

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La seconde oeuvre qui pose problème dans l’interprétation des personnages est le célèbre portrait de l’Homme au turban rouge de 1433. Lorsque l’on recherche un autoportrait de Van Eyck, ce tableau revient sans cesse. Pourtant, rien ne nous indique qu’il s’agit bien du portrait du peintre, pas de dédicace particulière, ou de précisions écrites par le peintre. Mais cette hypothèse a néanmoins perduré jusqu’à devenir une hypothèse affirmée par plusieurs historiens de l’art. Cela servit même de point de départ au roman de Élisabeth Bélorgey, intitulé Autoportrait de Van Eyck (Éditions Fayard, 2000). On croit voir une ressemblance avec un personnage présent sur le volet gauche du polyptyque de L’agneau Mystique, dont il existe une copie à Gand. Jan Van Eyck serait le personnage à cheval, portant un turban noir.

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Nous possédons malheureusement peu d’autres exemples d’oeuvres permettant d’étayer toutes ces hypothèses sur la représentation de Jan Van Eyck dans ses oeuvres. Mais il résulte de tout cela une chose certaine, Jan Van Eyck accordait beaucoup d’importance à la représentation des personnages dans ses oeuvres et devait probablement se plaire à semer le doute au sein de ses peintures, à jouer sur les éléments symboliques dans ses tableaux.

Sources :

http://leportique.revues.org/index554.html

http://apprendreavoir.blogspot.fr/2012/10/jan-van-eyck-la-grandeur-au-miroir-de.html

(consulté le 01/04)

L’engagement marital au travers de la peinture

On retrouve dans les oeuvres de Jan Van Eyck un motif revenant fréquemment, celui de l’engagement marital.  En effet, au Moyen-Age, les peintures et notamment les portraits, pouvaient servir de demandes en mariage ou encore de commémoration d’un mariage pour un couple. Il était alors fréquent qu’un homme adresse à une femme un portrait tenant une bague pour lui signifier sa volonté de l’épouser. Parfois, un tableau pouvait même devenir une forme de témoin d’un mariage, afin de garder une trace réelle de l’engagement des époux.

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Dans le Portrait des époux Arnolfini, les mains des personnages ont longtemps suscité une interrogation chez les historiens de l’art. S’agissait-il d’une forme d’intimité, montrée par le peintre, ou de la preuve d’un engagement réciproque dans le couple. On peut voir que le couple se tient par la main, dans un geste délicat, les mains se touchant à peine. Ce geste est placé au centre du tableau et semble offert au regard du spectateur. La main droite de l’épouse est ouverte, ce qui peut être interpréter comme un signe d’approbation de l’épouse face au regard du peintre, tandis que sa main gauche est placée sur son ventre. Ce geste particulièrement significatif est problématique dans l’interprétation de l’oeuvre, et une question subsiste : l’épouse est-elle enceinte ?

Tout autour, des éléments offrent des interprétations diverses. Le petit chien serait un symbole de fidélité, les rideaux rouge du lit symboliseraient quand à eux la passion ou encore l’acte physique. Enfin, des symboles religieux se glissent dans la scène, comme les oranges, près de la fenêtre, qui symboliseraient l’innocence et la pureté ; la bougie allumée sur le lustre pourrait être la présence de l’oeil de Dieu. Enfin, les souliers enlevés nous rappellent les cérémonies religieuses dans lesquelles on se déchaussait pour entrer dans un lieu saint.

Ce tableau témoigne certainement d’un engagement marital et a été interprété comme la marque visuelle d’un contrat de mariage ou encore une forme de commémoration de la noce du couple. Selon Erwin Panofsky, la scène serait un mariage secret et Jan Van Eyck en aurait été le témoin.  Cette hypothèse fut cependant contestée par Lorne Campbell en  1998, qui affirma que ce tableau aurait avant tout eu un rôle concret : celui de présenter l’épouse de Giovanni Arnolfini à sa cour et à sa famille.

Récemment, une hypothèse proposée par Margeret Koster s’est montré particulièrement intéressante. Celle ci souligne que le tableau commémorerait l’épouse, qui serait décédée peu de temps auparavant. Elle explique notamment la place du chapeau de l’époux, porté en période de deuil, mais aussi les tonalités très sombres de son habillement. Les bougies du lustre éteintes du côté de l’épouse seraient le moyen de signifier que sa vie s’est achevée. Une citation d’Ovide, tirée de L’ars amatoria, qui était peut-être présente sur le cadre aujourd’hui perdu du tableau, appuierait cette hypothèse. Il est dit : « Promittas facito quid enim promittere laedit/Pollicitis dives quilibet esse potest. » soit « Promettez ! Quel dommage, en effet, y a-t-il à promettre ? Riche de promesses, l’est qui veut ». Cette oeuvre aurait donc une symbolique beaucoup plus funeste que celles formulées au départ. Cependant, il convient de rester prudent vis-à-vis de tout cela, car nous n’avons aucune certitude et il reste encore  beaucoup d’autres voies à explorer dans ce tableau.

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Au travers de ses portraits, Van Eyck rappelle aussi l’importance du détail dans l’interprétation des éléments présentés. En effet, son portrait de l’Homme au chaperon bleu, peint en 1430 ( Huile sur bois, 22,5 x 16,6 cm Musée National Brukenthal, Roumanie ) témoigne de l’engagement d’un homme vis-à-vis de sa future épouse. La bague tenue par le modèle témoigne d’une promesse de fiancailles. La peinture jouerait le rôle de demande, formulée par l’époux en devenir, et proposée à la fiancée convoitée.

On retrouve ce même geste dans une autre oeuvre de l’artiste, le Portrait de l’orfèvre Jan de Leeuw, une huile sur bois datée de 1436 et conservée à Vienne au Kunsthistorischesmuseum. Cependant, pour ce portrait nous ne connaissons que très peu de choses et il n’y a que peu de mentions d’un quelconque mariage ou demande de fiançailles.

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On peut donc voir l’importance des détails dans l’interprétation des oeuvres, notamment avec les Epoux Arnolfini qui continuent à intriguer les historiens d’art. Mais il reste néanmoins certain que la peinture du moyen-âge et du début de la renaissance jouait un rôle dans les interactions sociales entre des fiancés ou dans la représentation d’un engagement marital, que ce soit dans une sphère privée ou publique.

Sources : http://employees.oneonta.edu/farberas/arth/arth214_folder/van_eyck/arnolfini.html

http://www.passee-des-arts.com/article-de-l-epithalame-a-l-epitaphe-le-double-portrait-des-arnolfini-de-jan-van-eyck-58684672.html

http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/eyck/arnolfini.htm

(consulté le 23/03/2013)

L’homme au turban rouge, un portrait intellectualisé

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L’homme au turban rouge, huile sur bois de 33,3 cm par 25,7 cm, peinte en 1433, est certainement le portrait le plus fameux de Jan Van Eyck. D’une apparente simplicité il se révèle peu à peu au spectateur, sévère et captivant. On y voit le portrait d’un homme en plan rapproché, au visage calme, regardant le spectateur dans une attitude impassible, ce qui le rend d’autant plus troublant. Si notre regard est en premier lieu porté vers ce visage si intéressant, il va peu à peu se placer sur l’imposant turban rouge qui le surplombe.

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La peau du visage est admirablement rendue, les rides sont présentes, tout comme les plis de la chair, au niveau de la bouche et des yeux. L’homme représenté n’est pas idéalisé, comme les artistes avaient l’habitude de le faire à la Renaissance, il est avant tout représenté dans sa réalité. Les traits du visage sont fins, le nez, les lèvres et même les yeux, ce qui lui donne un regard perçant. Les détails du visage sont travaillés jusque dans les yeux où l’on peut voir des vaisseaux sanguins, ou encore au menton où l’on aperçoit quelques poils.

Au sommet de son crâne, le turban rouge est lumineux et particulièrement imposant, occupant une grande partie de la toile. On lui donne abusivement le nom de turban mais il s’agit probablement d’un chaperon, souvent noué sur le crâne, qui servait à protéger du froid. Au moyen-âge il était souvent porté, notamment par la bourgeoisie, il est donc probable que ce turban soit en réalité un couvre-chef typique de l’époque de Jan Van Eyck.

Le rouge ressort d’autant plus que le fond de la toile est d’une grande neutralité, complètement noir. Jan Van Eyck rend ici toute la matière du tissu, il utilise les drapés, les noeuds et donne au turban une présence solide. C’est grâce à l’utilisation de la peinture à l’huile que l’artiste peu obtenir tous ces effets. Il peint en superposant des glacis colorés, afin de rendre d’une part la couleur plus lumineuse, mais aussi pour montrer des détails particulièrement minutieux. En effet, la peinture à l’huile possède la propriété de sécher lentement, ce qui permet au peintre de retoucher les traits et de faire des fondus très délicats. De plus, Jan Van Eyck peint avec des couches très riches en huile et pauvres en pigments, les glacis. Ceux ci permettent de superposer les couches afin de rendre la couleur par couches translucides et donc de donner de la profondeur aux coloris.

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Le contraste entre les différentes teintes renforce la théâtralité de l’oeuvre, et offre un rendu de la carnation très juste. Le teint pâle de l’Homme au Turban est réchauffé par le tissu rouge. Ici, le visage calme du modèle est contrebalancé par le turban qui semble presque exprimer ses émotions ou du moins, ce que le visage impassible ne laisse pas transparaitre. Le peintre démontre aussi sa capacité à faire une peinture individualisée, qui présente un portrait très personnel et loin des représentations habituelles.

De nombreux historiens de l’art ont proposés l’hypothèse comme quoi ce portrait serait en réalité un autoportrait de Jan Van Eyck, qui avait l’habitude de porter un large couvre-chef. Cependant, aujourd’hui encore cette hypothèse reste invérifiable et il faut garder certaines distances vis-à-vis de cela. Il reste néanmoins que cette oeuvre se place comme une des plus représentatives du style de Jan Van Eyck, avec un rendu minutieux des éléments présentés, une peinture ancrée dans la réalité mais tout de même dotée d’une forte symbolique offrant une peinture intellectualisée.

Sources :

http://aufildelart.hautetfort.com/archive/2006/12/09/l-homme-au-turban-rouge-jan-van-eyck-1433.html

http://www.telerama.fr/scenes/l-homme-au-turban-rouge-de-jan-van-eyck-1433,91127.php

(consultés le 21/03/2013)

Le miroir : une mise en abyme de la peinture

Le miroir a toujours été important dans la peinture flamande, comme en témoignent les oeuvres de Quinten Metsys, Petrus Christus ou encore Jan Van Eyck. Si le miroir a toujours eu un rôle plastique dans la peinture, permettant par exemple de refléter la lumière, il se dote aussi d’une dimension symbolique, offrant à l’oeil du spectateur une scène à part dans le tableau. La minutie du peintre se retrouve dans le traitement de la scène qui est fait, il peint l’intégralité de la pièce dans un espace minime.

Les Epoux Arnolfini illustrent parfaitement la place du miroir sphérique dans la peinture flamande. On peut voir au fond de la chambre des époux, derrière le couple, un petit miroir sphérique reflétant les personnages du tableau, mais aussi deux autres silhouettes. De plus, il faut souligner le souci du détail dont fait preuve le peintre, en peignant les silhouettes en bleu et en rouge, offrant ainsi la possibilité de les distinguer. Les questions autour de cette représentation sont nombreuses et restent en suspend depuis des années, attisa sans cesse la curiosité et l’esprit des historiens d’art.

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Nous pourrions réduire le rôle du miroir à la simple signature de l’artiste, qui peint au dessus du miroir : « Johannes de eyck fuit hic. 1434″, soit « Jan Van Eyck était ici. 1434 ». Ainsi, le peintre signale sa présence, comme le prouve le miroir. Cependant, « hic » peut aussi être comprit comme un démonstratif, soit « celui-ci« . Dans ce cas là le tableau serait alors un autoportrait du peintre, alors interprété comme le tableau de mariage du peintre lui même.

Reste cependant à connaitre l’identité du personnage l’accompagnant ; les hypothèses sont diverses, on parle de l’épouse de Jan Eyck, de son frère Hubert van Eyck ( décédé plusieurs années auparavant ), des témoins du mariage, ou d’un parent des époux. Si nous ne pouvons affirmer avec certitude l’identité de ce personnage, on peut en revanche montrer le lien que fait l’artiste entre le plan de la peinture et l’espace du spectateur. En plaçant la scène dans la chambre du couple, Van Eyck nous offrait déjà la possibilité d’accéder à l’espace privé des personnages. Par le reflet, il crée une scène en dehors du tableau, pour montrer le prolongement de la scène et l’espace du peintre. Il participe à la création d’un espace propre au peintre, qui se prolonge au delà de la peinture, il met en abyme le monde de l’oeuvre. Cette hypothèse, bien que tout à fait probable, reste néanmoins réfutée par plusieurs historiens, qui ne voient dans l’oeuvre qu’une peinture proprement réaliste et clair. Se tourner vers une interprétation aussi simpliste, bien que celle ci soit possible, apparait toutefois comme peu séduisante , elle enlève au tableau toute l’aura mystique qui flotte autour de l’oeuvre.

Ainsi, cette petite parcelle de l’oeuvre aura été l’objet des réflexions les plus poussées d’historiens et critiques d’art, et continue encore à capter l’attention des contemporains. Si il reste difficile d’affirmer des points précis sur le rôle du miroir dans l’oeuvre, il est toutefois possible de se pencher sur l’oeuvre afin d’en comprendre un peu mieux le sens caché.

Sources :

http://leportique.revues.org/index554.html

http://pcsi-unautreregard.over-blog.com/article-7168979.html

(consultés le 15/03/2013)

Les Epoux Arnolfini

Les Epoux Arnolfini est une peinture à l’huile sur panneau de bois de chêne réalisée en  1434  et mesurant 82 par 60cm, aujourd’hui conservée à la National Gallery de Londres. Cette peinture emblématique de l’art de Jan Van Eyck fut l’objet de diverses interprétations, et reste aujourd’hui encore un mystère sur lequel se penchent beaucoup d’historiens de l’art, notamment Erwin Panofsky qui en fit une étude poussée dans son livre sur Les Peintres Flamands ( publié en 1953 ).

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Ce tableau représentatif de l’oeuvre de Jan Van Eyck  se place comme une oeuvre majeure dans sa production artistique. Au travers de ce peinture, l’artiste nous offre le portrait de deux personnages, le marchand toscan Giovanni Arnolfi, installé à Bruges avec son épouse, Giovanna Cenami. Van Eyck a représenté le couple en pied, dans leur chambre, les époux se tenant par la main dans un pose solennelle et hiératique. On voit autour d’eux des objets personnels dont les chaussures au premier plan, mais aussi un petit chien, symbole de fidélité. L’espace est baigné de lumière, sublimant d’une part la richesse du décor, avec le lustre, les meubles en bois et les tissus épais, mais cela offre aussi une grande clarté à cette peinture.

Cette oeuvre, par ses caractéristiques matérielles, illustre parfaitement le style de l’artiste au travers de différents aspects. Tout d’abord, la minutie des détails dont fait preuve le peintre pour dépeindre cette scène. Les détails des tissus, des vêtements et des poils du chien sont d’une précision et d’une finesse remarquable, rendue possible grâce à l’usage de la peinture à l’huile et de pinceaux très fins. De plus, la gamme chromatique utilisée anime l’oeuvre, jouant sur les contrastes de couleur entre le rouge des tissus et le vert de la robe de Giovanna Cenami. Van Eyck, pionner dans l’utilisation de la peinture à l’huile, offre un rendu des couleurs sublimé avec justesse et clarté par le maniement des glacis colorés. Enfin, la scène regorge de détails symboliques, que l’on retrouve parfaitement dans le miroir circulaire situé à l’arrière plan du tableau. Par le biais de ce miroir, l’artiste fait son portrait et se place dans le tableau,  ce qui inspirera Diego Velasquez pour son oeuvre Les Ménines peint en 1656.

Pour démontrer l’extrême précision du peintre et le caractère symbolique, voire même mystique, dont il dote sa peinture, il est nécessaire de se pencher sur chaque détail de cette oeuvre, ainsi que sur les différentes interprétations dont elle a fait l’objet. Ceci fera l’objet de plusieurs articles, visant à expliquer le mystère autour de ce tableau, ou du moins à tenter de dénouer toutes les interprétations qui entourent l’oeuvre.

Pour aider un peu plus dans la compréhension de cette oeuvre, voici une petite vidéo explicative, qui se concentre uniquement sur ce tableau.

Les Epoux Arnolfini

Sources : 

http://www.scaraba.net/creanum/bifocale/356-les-epoux-arnolfini-van-eyck

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Époux_Arnolfini

(consultés le 12/03/2013)