L’influence du voyage en Italie

Le voyage en Italie de Jan Van Eyck, le marqua profondément dans sa conception artistique. Ce dernier affirmait qu’il ne « maîtrisait pas l’art de la perspective ». Technique essentielle à la renaissance et mainte fois utilisée dans les oeuvres qui ont marqué cette époque.

Van Eyck aura retenu en autre la technique de la peinture à l’huile qui fera évolué et les compositions très géométriques et rigoureuses. En effet, il est le premier à transférer des personnages isolés dans un espace atmosphérique.

Il a fait évolué la technique de la peinture à l’huile sans pour autant la créer, ce qu’on lui attribut d’ailleurs souvent, il utilise un liant à base d’huile siccative et c’est grâce à cette technique qu’on arrive à une parfaite maitrise du réalisme des éléments peints comme on le peut voir notamment dans son oeuvre les Epoux Arnolfini, à travers leurs visages. On caractérise d’ailleurs les oeuvres de Jan Van Eyck comme étant des oeuvres minutieusement réalistes. Et cette technique permit d’autre part, la netteté des oeuvres.

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Nous pouvons quand même noter une certaine différence dans les oeuvres des primitifs italiens et des flamands comme Jan Van Eyck. Chez les primitifs italiens, la lumière est au service de l’idée tandis que chez les flamands, la lumière est au service des matières, et encore une fois, l’exemple de son oeuvre les Epoux Arnolfini ou bien La Vierge du chancelier Rolin, illustrent parfaitement ce propos.

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Un paysage qui cache une symoblique dans la peinture de Van eyck

On note chez Jan Van Eyck, un réel souci du détail au niveau de la composition du paysage en arrière plan dans ses œuvres. En effet, nous pouvons le constater dans une de ses œuvres les plus reconnues à savoir la Vierge du chancelier Rolin qui illustre parfaitement sa minutie du détail.

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La vierge du chancelier Rolin est une œuvre peinte pour Nicola Rolin, duc de Bourgogne. C’est grâce à la symétrie rigoureuse du cadre architectural que le peintre oppose dans son œuvre le sacré et le profane. C’est ainsi que le paysage du fond, derrière le chancelier, est représenté par des maisons et un monastère du pouvoir politique, tandis que derrière la vierge nous trouvons une cathédrale et des églises de la cité de Dieu.  De plus, le jardin peut faire référence à la pureté de la Vierge mais aussi évoquer une certaine richesse et vanité, notamment du à la présence du paon.

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Dans sa composition, Jan Van Eyck est encore une fois très rigoureux. Pour attirer l’oeil du spectateur vers ce paysage, l’artiste a composé la scène dans le fond dans l’axe de fuite. Les traits de compositions se rejoignent tous en un point qui se trouve au centre du tableau au niveau de ce paysage, qui représente une scène à part entière. Celle-ci comporte tous les détails d’une vie terrestre. Nous pouvons noter, qu’il représente probablement la cité de Liège (on reconnait le Pont des Arches et la tour de la Cathédrale Saint-Lambert). D’autre part, à travers l’architecture nous pouvons remarque des scènes de l’ancien testament sur les chapiteaux des pilastres du fond à gauche : : L’Expulsion du paradisLe Sacrifice de Caïn et AbelDieu recevant l’offrande de ce dernierLe Meurtre de CaïnNoé dans l’arche et Noé recouvert par un de ses fils.

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Jan van eyck, dans son oeuvre, met en scène une composition qui lie intimement les plans de l’espace réels et de l’espace « suggéré », par exemple, la main du christ est placée sur une ligne qui présente le pont en quelque sorte, il y a un contact plastique, le pont devient alors un élément de communication à voie symbolique. En effet, il faut savoir que l’oeuvre célèbre en quelque sorte l’action politique du chancelier Rolin sur le royaume de Bourgogne. Ce dernier a conduit le royaume de France à signer un traité  en 1435 à savoir le traité d’Arras, qui mit fin à une guerre civile. D’autre part, nous pouvons constater la présence d’une croix miniature qui est visible sur ce même pont. On peut donc parler d’une association symbolique : la croix se trouve au choeur de la composition. Elle établit une communication entre le chancelier Rolin et le christ (on pourrait même supposer que ça permet à Jan van Eyck de valoriser l’action politique du chancelier).

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Enfin, le peintre Jan Van Eyck, met en place un point de vue qui suggère au spectateur une liaison symbolique du paysage entre premier et arrière plan. Il y a un lien fort qui amène confusion entre la main du Christ et le pont sur lequel on y trouve la croix. Tant par la symbolique que par la plasticité, l’artiste donne un sens profond à son oeuvre et qui finalement dépasse la simple commande d’oeuvre de dévotion. Pour finir, la présence de dos de son frère Hubert  et de lui même entrain de regarder le paysage illustre parfaitement la transition et le parallèle entre monde divin et monde terrestre.

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L’engagement marital au travers de la peinture

On retrouve dans les oeuvres de Jan Van Eyck un motif revenant fréquemment, celui de l’engagement marital.  En effet, au Moyen-Age, les peintures et notamment les portraits, pouvaient servir de demandes en mariage ou encore de commémoration d’un mariage pour un couple. Il était alors fréquent qu’un homme adresse à une femme un portrait tenant une bague pour lui signifier sa volonté de l’épouser. Parfois, un tableau pouvait même devenir une forme de témoin d’un mariage, afin de garder une trace réelle de l’engagement des époux.

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Dans le Portrait des époux Arnolfini, les mains des personnages ont longtemps suscité une interrogation chez les historiens de l’art. S’agissait-il d’une forme d’intimité, montrée par le peintre, ou de la preuve d’un engagement réciproque dans le couple. On peut voir que le couple se tient par la main, dans un geste délicat, les mains se touchant à peine. Ce geste est placé au centre du tableau et semble offert au regard du spectateur. La main droite de l’épouse est ouverte, ce qui peut être interpréter comme un signe d’approbation de l’épouse face au regard du peintre, tandis que sa main gauche est placée sur son ventre. Ce geste particulièrement significatif est problématique dans l’interprétation de l’oeuvre, et une question subsiste : l’épouse est-elle enceinte ?

Tout autour, des éléments offrent des interprétations diverses. Le petit chien serait un symbole de fidélité, les rideaux rouge du lit symboliseraient quand à eux la passion ou encore l’acte physique. Enfin, des symboles religieux se glissent dans la scène, comme les oranges, près de la fenêtre, qui symboliseraient l’innocence et la pureté ; la bougie allumée sur le lustre pourrait être la présence de l’oeil de Dieu. Enfin, les souliers enlevés nous rappellent les cérémonies religieuses dans lesquelles on se déchaussait pour entrer dans un lieu saint.

Ce tableau témoigne certainement d’un engagement marital et a été interprété comme la marque visuelle d’un contrat de mariage ou encore une forme de commémoration de la noce du couple. Selon Erwin Panofsky, la scène serait un mariage secret et Jan Van Eyck en aurait été le témoin.  Cette hypothèse fut cependant contestée par Lorne Campbell en  1998, qui affirma que ce tableau aurait avant tout eu un rôle concret : celui de présenter l’épouse de Giovanni Arnolfini à sa cour et à sa famille.

Récemment, une hypothèse proposée par Margeret Koster s’est montré particulièrement intéressante. Celle ci souligne que le tableau commémorerait l’épouse, qui serait décédée peu de temps auparavant. Elle explique notamment la place du chapeau de l’époux, porté en période de deuil, mais aussi les tonalités très sombres de son habillement. Les bougies du lustre éteintes du côté de l’épouse seraient le moyen de signifier que sa vie s’est achevée. Une citation d’Ovide, tirée de L’ars amatoria, qui était peut-être présente sur le cadre aujourd’hui perdu du tableau, appuierait cette hypothèse. Il est dit : « Promittas facito quid enim promittere laedit/Pollicitis dives quilibet esse potest. » soit « Promettez ! Quel dommage, en effet, y a-t-il à promettre ? Riche de promesses, l’est qui veut ». Cette oeuvre aurait donc une symbolique beaucoup plus funeste que celles formulées au départ. Cependant, il convient de rester prudent vis-à-vis de tout cela, car nous n’avons aucune certitude et il reste encore  beaucoup d’autres voies à explorer dans ce tableau.

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Au travers de ses portraits, Van Eyck rappelle aussi l’importance du détail dans l’interprétation des éléments présentés. En effet, son portrait de l’Homme au chaperon bleu, peint en 1430 ( Huile sur bois, 22,5 x 16,6 cm Musée National Brukenthal, Roumanie ) témoigne de l’engagement d’un homme vis-à-vis de sa future épouse. La bague tenue par le modèle témoigne d’une promesse de fiancailles. La peinture jouerait le rôle de demande, formulée par l’époux en devenir, et proposée à la fiancée convoitée.

On retrouve ce même geste dans une autre oeuvre de l’artiste, le Portrait de l’orfèvre Jan de Leeuw, une huile sur bois datée de 1436 et conservée à Vienne au Kunsthistorischesmuseum. Cependant, pour ce portrait nous ne connaissons que très peu de choses et il n’y a que peu de mentions d’un quelconque mariage ou demande de fiançailles.

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On peut donc voir l’importance des détails dans l’interprétation des oeuvres, notamment avec les Epoux Arnolfini qui continuent à intriguer les historiens d’art. Mais il reste néanmoins certain que la peinture du moyen-âge et du début de la renaissance jouait un rôle dans les interactions sociales entre des fiancés ou dans la représentation d’un engagement marital, que ce soit dans une sphère privée ou publique.

Sources : http://employees.oneonta.edu/farberas/arth/arth214_folder/van_eyck/arnolfini.html

http://www.passee-des-arts.com/article-de-l-epithalame-a-l-epitaphe-le-double-portrait-des-arnolfini-de-jan-van-eyck-58684672.html

http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/eyck/arnolfini.htm

(consulté le 23/03/2013)

Les portraits de Jan Van Eyck

Au 15ème siècle, les portraits flamands font fureur auprès des commanditaires italiens. En effet, grâce à la minutie et au soin apporté aux détails, les portraits sont particulièrement réalistes et sont fidèles au modèle. Les peintres flamands abandonnent le portrait de profil pour représenter les personnages de trois quart. Cela permet de montrer la structure, le volume et l’anatomie du visage. De plus, les mains sont intégrées au portrait, accentuant la présence du personnage. La peinture à l’huile permet une illusion du réel par un éclairage réaliste et un bon rendu des textures.

On sait que Van Eyck employait des lentilles optiques et des miroirs pour son travail. Dans de nombreuses de ces œuvres comme Les époux Arnolfini (miroir) ou l’autel Van der Paele (lunettes), il aime mettre en avant ces objets permettant de corriger les défauts de la vue et d’aiguiser la perception. C’est ce que l’on retrouve dans ses portraits : il pousse le spectateur à porter une attention minutieuse à chaque détails de l’œuvre que ce soit un pli, une ride ou une veine.

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Vierge au chanoine Van Der Paele, 1434-1436, huile sur panneau, 141×176,5cm, Groeningemuseum, Bruges.

Grâce à la technique du glacis, la peinture reproduit ce qu’un regard humain pourrait voir. Rappelons que le glacis est une couche de peinture sans épaisseur, contenant plus de liant que de pigment dilué dans un véhicule aqueux ou oléagineux et posé à la fin du travail. Il permet d’obtenir une transparence qui fait vibrer les tons ce qui produit un mélange optique. Il rend visibles, par exemple, les effets de transparence d’une étoffe ou d’une chaire. Il module la couleur sur laquelle il est posé  ce qui permet d’estomper un fond ou de nuancer une carnation. Toutes les irrégularités sur un visage sont, selon la doctrine scolastique, les preuves d’une singularité inaliénable. Elles représentent l’identité et l’individualité d’une personne.

Van Eyck réalisait ses portraits comme un notaire certifiait l’exécution d’actes juridiques. Chaque personne présente était notée  ou plutôt peinte dans un cadre spatial et temporel.

On ne sait si Van Eyck représente la conception d’une personne selon l’époque moderne ou s’il reproduit vraiment la réalité. Au 15ème, la notion de personne n’existe pas dans la pensée générale. De plus, on ignore s’il prenait en compte l’histoire et le passé des personnes lorsqu’il réalisait ses portraits, ce qui donnerait à l’œuvre un tout autre caractère.

Les clients de Van Eyck appartenaient à la cour de Bourgogne sous Philippe Le Bon. Ils cherchaient donc à s’attirer ses bonnes grâces et à suivre son comportement. C’est pourquoi on note un engouement pour le portrait, permettant de montrer à tous sa richesse et de faire connaître son nom et son visage, surtout au duc.

Voici deux exemples de portraits :

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L’homme au chaperon bleu, 1430, huile sur bois, 16,6 x 13,2 cm, Musée National roumain, Bucarest.

Le modèle est présenté de ¾ comme dans les portraits de la renaissance. Sa main gauche est appuyée sur un parapet, une technique courante de l’époque qui permettait de créer un lien avec le spectateur. On note la finesse du travail de Van Eyck dans la réalisation de ces portraits. Le rendu des ombres crée un mystère qui est accentué par cet anneau que l’homme tient dans sa main droite. On entre alors dans le deuxième sens du portrait : ici l’œuvre sert surement à courtiser une fiancée. Il était d’usage à cette époque de passer par un intermédiaire. Le regard mélancolique de l’homme peut faire songer au sentiment amoureux.

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Portrait de Margareta Van Eyck, 1439, huile sur panneau, 41,2×34,6cm,  Groeningemuseum, Bruges.

Sur le cadre, van Eyck inscrit en lettres grecques : « Mon époux Johannes (Jan) m’a achevée le 17 juin de l’an 1439, mon âge est trente-trois ans » et sa devise personnelle ALS ICH CAN, « Du mieux que je peux », devise inscrite sur plusieurs œuvres religieuses de l’artiste, ainsi que sur deux portraits.Ici, on a à faire à un portrait beaucoup plus personnel puisqu’il s’agit de la femme du peintre. On suppose que le tableau n’a pas été réalisé afin d’être exposé. En effet, l’expression du visage de la femme, direct et plaintif, suggère un cadre intime. Le portrait était surement un cadeau pour sa femme ou une célébration de leur mariage.

Elle est représentée de 3/4, son corps face au peintre. Le fond est noir et sans relief selon la tradition de l’époque. On note qu’elle porte de la fourrure grise, symbole de la féminité à la période médiévale. Elle porte sur la tête une guimpe, ornée de fine dentelle et attachée de manière à former des cornes sur le côté. Son œil gauche présente une trace de strabisme, un défaut particulièrement courant chez les habitants d’Europe du Nord à l’époque. Pour suivre la mode de l’époque, le peintre prend des libertés quant aux proportions : son corps et sa tête ne vont pas ensemble et son front est trop grand. Mais cela lui permet de se concentrer sur les détails du visage de sa femme et de le mettre en avant.

A travers ses portraits, Van Eyck montre encore une fois toute l’efficacité de sa technique dans la représentation de la minutie et des détails.

Sources :

http://books.google.fr/books?id=7eoh2CN2-eEC&pg=PA197&lpg=PA197&dq=van+Eyck+portrait+minutieux&source=bl&ots=6fQVnCZvMM&sig=wrpczzHmWGcuE-AXCwXQXCGGe4Q&hl=en&sa=X&ei=-mcBUYnGDo-RhQey2ICYCg&ved=0CCwQ6AEwAA#v=onepage&q=van%20Eyck%20portrait%20minutieux&f=false

http://www.culturespaces-minisite.com/brukenthal/01expo/0101.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Portrait_de_Margareta_van_Eyck

http://blog-bjl.bjl-multimedia.fr/category/categorie-style24/

(consulté le 22/03/2013)

L’homme au turban rouge, un portrait intellectualisé

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L’homme au turban rouge, huile sur bois de 33,3 cm par 25,7 cm, peinte en 1433, est certainement le portrait le plus fameux de Jan Van Eyck. D’une apparente simplicité il se révèle peu à peu au spectateur, sévère et captivant. On y voit le portrait d’un homme en plan rapproché, au visage calme, regardant le spectateur dans une attitude impassible, ce qui le rend d’autant plus troublant. Si notre regard est en premier lieu porté vers ce visage si intéressant, il va peu à peu se placer sur l’imposant turban rouge qui le surplombe.

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La peau du visage est admirablement rendue, les rides sont présentes, tout comme les plis de la chair, au niveau de la bouche et des yeux. L’homme représenté n’est pas idéalisé, comme les artistes avaient l’habitude de le faire à la Renaissance, il est avant tout représenté dans sa réalité. Les traits du visage sont fins, le nez, les lèvres et même les yeux, ce qui lui donne un regard perçant. Les détails du visage sont travaillés jusque dans les yeux où l’on peut voir des vaisseaux sanguins, ou encore au menton où l’on aperçoit quelques poils.

Au sommet de son crâne, le turban rouge est lumineux et particulièrement imposant, occupant une grande partie de la toile. On lui donne abusivement le nom de turban mais il s’agit probablement d’un chaperon, souvent noué sur le crâne, qui servait à protéger du froid. Au moyen-âge il était souvent porté, notamment par la bourgeoisie, il est donc probable que ce turban soit en réalité un couvre-chef typique de l’époque de Jan Van Eyck.

Le rouge ressort d’autant plus que le fond de la toile est d’une grande neutralité, complètement noir. Jan Van Eyck rend ici toute la matière du tissu, il utilise les drapés, les noeuds et donne au turban une présence solide. C’est grâce à l’utilisation de la peinture à l’huile que l’artiste peu obtenir tous ces effets. Il peint en superposant des glacis colorés, afin de rendre d’une part la couleur plus lumineuse, mais aussi pour montrer des détails particulièrement minutieux. En effet, la peinture à l’huile possède la propriété de sécher lentement, ce qui permet au peintre de retoucher les traits et de faire des fondus très délicats. De plus, Jan Van Eyck peint avec des couches très riches en huile et pauvres en pigments, les glacis. Ceux ci permettent de superposer les couches afin de rendre la couleur par couches translucides et donc de donner de la profondeur aux coloris.

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Le contraste entre les différentes teintes renforce la théâtralité de l’oeuvre, et offre un rendu de la carnation très juste. Le teint pâle de l’Homme au Turban est réchauffé par le tissu rouge. Ici, le visage calme du modèle est contrebalancé par le turban qui semble presque exprimer ses émotions ou du moins, ce que le visage impassible ne laisse pas transparaitre. Le peintre démontre aussi sa capacité à faire une peinture individualisée, qui présente un portrait très personnel et loin des représentations habituelles.

De nombreux historiens de l’art ont proposés l’hypothèse comme quoi ce portrait serait en réalité un autoportrait de Jan Van Eyck, qui avait l’habitude de porter un large couvre-chef. Cependant, aujourd’hui encore cette hypothèse reste invérifiable et il faut garder certaines distances vis-à-vis de cela. Il reste néanmoins que cette oeuvre se place comme une des plus représentatives du style de Jan Van Eyck, avec un rendu minutieux des éléments présentés, une peinture ancrée dans la réalité mais tout de même dotée d’une forte symbolique offrant une peinture intellectualisée.

Sources :

http://aufildelart.hautetfort.com/archive/2006/12/09/l-homme-au-turban-rouge-jan-van-eyck-1433.html

http://www.telerama.fr/scenes/l-homme-au-turban-rouge-de-jan-van-eyck-1433,91127.php

(consultés le 21/03/2013)

Les Epoux Arnolfini

Les Epoux Arnolfini est une peinture à l’huile sur panneau de bois de chêne réalisée en  1434  et mesurant 82 par 60cm, aujourd’hui conservée à la National Gallery de Londres. Cette peinture emblématique de l’art de Jan Van Eyck fut l’objet de diverses interprétations, et reste aujourd’hui encore un mystère sur lequel se penchent beaucoup d’historiens de l’art, notamment Erwin Panofsky qui en fit une étude poussée dans son livre sur Les Peintres Flamands ( publié en 1953 ).

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Ce tableau représentatif de l’oeuvre de Jan Van Eyck  se place comme une oeuvre majeure dans sa production artistique. Au travers de ce peinture, l’artiste nous offre le portrait de deux personnages, le marchand toscan Giovanni Arnolfi, installé à Bruges avec son épouse, Giovanna Cenami. Van Eyck a représenté le couple en pied, dans leur chambre, les époux se tenant par la main dans un pose solennelle et hiératique. On voit autour d’eux des objets personnels dont les chaussures au premier plan, mais aussi un petit chien, symbole de fidélité. L’espace est baigné de lumière, sublimant d’une part la richesse du décor, avec le lustre, les meubles en bois et les tissus épais, mais cela offre aussi une grande clarté à cette peinture.

Cette oeuvre, par ses caractéristiques matérielles, illustre parfaitement le style de l’artiste au travers de différents aspects. Tout d’abord, la minutie des détails dont fait preuve le peintre pour dépeindre cette scène. Les détails des tissus, des vêtements et des poils du chien sont d’une précision et d’une finesse remarquable, rendue possible grâce à l’usage de la peinture à l’huile et de pinceaux très fins. De plus, la gamme chromatique utilisée anime l’oeuvre, jouant sur les contrastes de couleur entre le rouge des tissus et le vert de la robe de Giovanna Cenami. Van Eyck, pionner dans l’utilisation de la peinture à l’huile, offre un rendu des couleurs sublimé avec justesse et clarté par le maniement des glacis colorés. Enfin, la scène regorge de détails symboliques, que l’on retrouve parfaitement dans le miroir circulaire situé à l’arrière plan du tableau. Par le biais de ce miroir, l’artiste fait son portrait et se place dans le tableau,  ce qui inspirera Diego Velasquez pour son oeuvre Les Ménines peint en 1656.

Pour démontrer l’extrême précision du peintre et le caractère symbolique, voire même mystique, dont il dote sa peinture, il est nécessaire de se pencher sur chaque détail de cette oeuvre, ainsi que sur les différentes interprétations dont elle a fait l’objet. Ceci fera l’objet de plusieurs articles, visant à expliquer le mystère autour de ce tableau, ou du moins à tenter de dénouer toutes les interprétations qui entourent l’oeuvre.

Pour aider un peu plus dans la compréhension de cette oeuvre, voici une petite vidéo explicative, qui se concentre uniquement sur ce tableau.

Les Epoux Arnolfini

Sources : 

http://www.scaraba.net/creanum/bifocale/356-les-epoux-arnolfini-van-eyck

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Époux_Arnolfini

(consultés le 12/03/2013)